Le LFAM expliqué (Large Format Additive Manufacturing)
Le LFAM, pour Large Format Additive Manufacturing, désigne l’ensemble des technologies de fabrication additive capables de produire des pièces de grande taille — de quelques mètres cubes à plusieurs dizaines de mètres cubes selon les équipements. Contrairement à l’impression 3D de bureau, le LFAM ne travaille pas avec des filaments mais le plus souvent avec des granulés polymères extrudés par un bras robotisé, ce qui permet des débits de matière et des volumes de construction sans commune mesure avec une imprimante 3D classique.

Comment fonctionne l’impression 3D grand format
Le principe reste celui de la fabrication additive : la pièce est construite couche par couche à partir d’un modèle numérique 3D. Ce qui change à l’échelle du LFAM :
- La matière première : des granulés polymères (et non des filaments ou des résines liquides), extrudés en continu, ce qui permet des débits élevés — de l’ordre de plusieurs dizaines de kilos par heure sur les systèmes industriels les plus puissants.
- Le système de dépose : un bras robotisé à 6 axes remplace le portique cartésien classique. Cette liberté de mouvement autorise l’impression de formes organiques, de surfaces inclinées ou de géométries complexes qu’un système à 3 axes ne pourrait pas réaliser sans support important.
- Le volume de construction : les cellules LFAM industrielles peuvent dépasser plusieurs mètres cubes en un seul bloc. Au-delà, la pièce est généralement découpée en modules imprimés séparément, puis assemblés et finis en atelier.
- La hauteur de couche : plus importante qu’en impression 3D de bureau (plusieurs millimètres, contre quelques dixièmes de millimètre habituellement), ce qui accélère la production au prix d’un état de surface plus brut, généralement repris par un post-traitement.
Quels matériaux pour l’impression 3D grande dimension ?
Le LFAM utilise essentiellement des thermoplastiques techniques sous forme de granulés :
| Famille | Exemples | Propriétés principales |
|---|---|---|
| ABS / ASA | ABS chargé fibre de verre, ASA noir | Résistance aux UV, bonne usinabilité |
| Polyamides | PA6, PA12 (chargés carbone ou verre) | Haute résistance mécanique |
| PC / PETG | PC chargé fibre de verre, PET recyclé | Haute résistance thermique |
| Recyclés | PP recyclé, PLA recyclé | Économie circulaire, faible impact environnemental |
| Hautes performances | PEEK, ULTEM | Ultra haute température, résistance chimique |
Les polymères chargés en fibres de carbone ou de verre sont privilégiés lorsque la pièce doit présenter une rigidité et une stabilité dimensionnelle élevées, typiquement pour de l’outillage industriel (moules, gabarits).
Avantages de l’impression 3D robotisée grand format
- Rapidité et coût réduits sur les pièces volumineuses, comparé à l’usinage d’un bloc plein ou à la fabrication d’un moule traditionnel, notamment quand la série est courte ou unitaire.
- Liberté géométrique : les robots 6 axes permettent des formes complexes ou organiques avec peu de supports.
- Réduction des déchets : la fabrication additive dépose uniquement la matière nécessaire, contrairement à l’usinage qui retire de la matière dans un bloc plein.
- Compatibilité avec l’usinage CNC en post-traitement, pour ajuster les tolérances dimensionnelles ou améliorer la finition.
- Utilisation de matériaux recyclés, avec parfois une reprise en fin de vie pour réimpression.
- Fabrication à la demande, sans moule ni outillage lourd initial, ce qui convient à la logique de l’industrie 4.0.
Limites à connaître
- État de surface plus brut qu’en impression 3D de précision, nécessitant souvent un post-traitement (usinage, ponçage, finition).
- Précision dimensionnelle inférieure à celle d’un usinage direct sur les tolérances les plus fines, d’où l’intérêt de coupler impression et rectification CNC.
- Investissement matériel important pour les cellules robotisées industrielles, ce qui explique que cette technologie reste majoritairement proposée par des prestataires spécialisés plutôt que déployée en interne par les entreprises utilisatrices.
Impression 3D grand format ou usinage CNC : quelle approche choisir ?
Les deux techniques sont souvent complémentaires plutôt qu’en concurrence directe :
- L’impression 3D grand format est pertinente pour les pièces volumineuses, les séries courtes ou unitaires, les géométries complexes, et lorsque la réduction des délais et des chutes de matière est prioritaire.
- L’usinage CNC reste préférable lorsque la précision dimensionnelle est le critère dominant, ou pour des matériaux/formes qui se prêtent mal à l’extrusion.
- En pratique, une approche hybride — impression 3D pour la mise en forme générale, puis usinage 5 axes pour la rectification et la finition — permet souvent d’optimiser à la fois le coût, le délai et la précision.
Applications industrielles du LFAM
Le LFAM est utilisé dans des secteurs où les pièces sont volumineuses et où le prototypage rapide ou la fabrication d’outillage à la demande apportent un avantage compétitif :
- Nautisme : moules de coques, inserts, éléments d’aménagement intérieur.
- Aéronautique et spatial : outillages de drapage, gabarits de contrôle ou d’assemblage.
- Automobile et transports : moules, éléments de carrosserie ou d’habillage.
- Architecture : éléments de façade, mobilier urbain.
- Design et muséographie : sculptures, mobilier sur mesure, scénographies.
Ce qu’il faut retenir
Le LFAM combine les principes de la fabrication additive avec une échelle et une vitesse de production pensées pour l’industrie. Il ne remplace pas systématiquement l’usinage traditionnel ou le moulage, mais s’y substitue avantageusement — ou s’y combine — dès que la taille de la pièce, la complexité géométrique ou la nécessité d’un prototypage rapide et peu coûteux deviennent des contraintes déterminantes.
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